L’éthique de l’IA n’est pas une éthique de plus pour les soignants : c’est ce qui permet aux éthiques qu’ils pratiquent déjà de rester vraies à l’heure où la machine participe à la décision.
Les soignants sont parmi les professionnels les mieux formés à l’éthique appliquée. Or l’IA est entrée dans le soin par plusieurs portes à la fois : aide au diagnostic, transcription des consultations, outils de tri, assistants conversationnels grand public. L’usage a précédé la formation. Ce qui manque n’est pas le sens éthique, mais la connaissance de l’objet sur lequel l’exercer.
Cette couche additionnelle ne demande pas de devenir ingénieur. Elle tient en cinq compétences :
- Comprendre la nature de l’outil : probabiliste, entraîné sur des données passées, dont la performance dépend du contexte.
- Savoir quand ne pas suivre la recommandation, et assumer de s’en écarter.
- Savoir informer le patient, loyalement, ni rassurant à l’excès ni anxiogène.
- Protéger les données, en distinguant les outils autorisés des usages qui sortent du secret.
- Tracer la décision, pour que la responsabilité reste lisible.